Biens publics mondiaux / Dispositif de surveillance de la zone de pêche : les capacités des pêcheurs marins et de la marine militaire renforcées

Les chercheurs, les pêcheurs marins et la marine militaire étaient les jeudi 20 et vendredi 21 juillet à un conclave au Centre Mikeland à Cotonou. C’était pour le renforcement des capacités sur les dispositifs de surveillance de la zone de pêche, et aussi pour la collecte des données en mer et l’application des textes et lois sur les Biens Publics Mondiaux (BPM) au Bénin.

La rencontre a pour but d’amener les acteurs intervenant en mer à une synergie d’action pour mieux surveiller la zone de pêche et en même temps associer les pêcheurs à la collecte des données en mer. Dans le même temps, ces acteurs que sont les la marine militaire et les pêcheurs doivent veiller à l’application des lois sur les biens publics mondiaux dont dépendent les écosystèmes que sont l’eau, la sécurité alimentaire, la biodiversité et la résilience aux changements climatiques. La rencontre entre ces acteurs a été possible grâce au programme « Shared Resources, Joint Solutions » (SRJS), ou « Ressources Partagées, Solutions Communes ». Au Bénin, le programme est mis en œuvre au niveau de deux paysages constitués par les deltas des fleuves Ouémé et Mono. Il a pour objectif de transformer, par le biais du plaidoyer, les politiques et pratiques défavorables à la sauvegarde des BPM au niveau de paysages sélectionnés en politiques et pratiques favorables.

Pendant la rencontre, les participants ont eu droit à plusieurs communications. Ce qui leur a permis de se rendre compte des menaces qui pèsent sur les biens publics mondiaux et des outils qu’ils doivent utiliser pour les sauvegarder et faire appliquer les lois. Dans sa communication sur « la zone littorale exclusive », le Dr Florent Houessou enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi, a dans un premier temps montré que la mer contient assez de ressources qui font objet de convoitise et de conflit. Ce qui a fait que l’Organisation des Nations Unies par des textes, a règlementé l’utilisation desdites ressources. Toujours lors de sa communication, il a présenté les zones de pêches devant accueillir les pêcheurs artisanaux et ceux qui sont autorisés pour les pêches industrielles.

A partir du thème « connaissance et gestion des ressources marines et côtières au Bénin », Toussaint Lougbégnon, enseignant à l’Université nationale d’agriculture, a  fait l’état des lieux des ressources marines, la gestion qui est faite des ressources et les menaces qui profilent à l’horizon à cause des actions anthropiques. Dans sa conclusion et recommandations, il pense que  « la zone côtière et marine du Bénin est riche, jouissant d’un climat généreux, d’une grande diversité biologique, de ressources naturelles abondantes et d’une position géographique favorable aux échanges internationaux ». Il a ajouté qu’un regard correct sur les milieux marins et côtiers du Bénin est important pour assurer la pérennité de ces milieux et le bien-être des populations vivant sur cet espace.

Les dispositions juridiques

Benjamin Dagbéto, Juriste du Programme AALF-Bénin, exposant le thème  » cadres législatif et règlementaire de la gestion des biens publics mondiaux des zones marines et côtières et leurs applications au Bénin », a montré pour sa part que le Bénin a ratifié assez de lois. Il a cité au passage la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, Washington 1973) et la convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn, 1979 – CMS). Il a surtout mis l’accent sur la loi n° 2002-16 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et son décret d’application.

Parlant des rôles des parties prenantes dans l’application des lois environnementaux et procédures judiciaires au Bénin, Rose Naha du programme AALF-Bénin, a levé le voile sur les responsabilités et rôles de la société civile et des autres acteurs.

Les différentes communications ont permis aux participants de se dire de vive voix ce que l’un pense de l’autre parlant de la protection des biens publics mondiaux.

Joséa Dossou-Bodjrènou, Directeur de Nature Tropicale ONG, a exprimé sa satisfaction suite au franc-parler des acteurs qui ont compris qu’ils doivent collaborer pour protéger les biens publics mondiaux.

Le programme « Shared Resources, Joint Solutions » est  un programme de coopération élaboré avec l’appui du ministère néerlandais des Affaires Etrangères pour la période 2016-2020. Ce programme est un partenariat entre IUCN-NL, WWF Pays-Bas et le Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas. Il faut rappeler qu’il met l’accent sur le rôle des Organisations de la Société Civile (Osc) en matière de sauvegarde des BPM. Il intervient dans 16 pays en Asie,  Amérique latine, Afrique dont le Bénin.

Par Patrice SOGLO

 

 

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En six mois de croisade contre la criminalité faunique : 11 trafiquants arrêtés, 5 fermement condamnés

Images décisionsLa justice grâce au quadrillage de terrain du gouvernement et la collaboration technique du programme d’Appui à l’Application des lois sur la faune et la flore (AALF-Bénin), a vidé trois dossiers relatifs aux criminels de faune. Ces dossiers concernent 11 (onze) trafiquants pris en fragrant délit à Dassa-Zoumè, à Parakou et à Cotonou durant le 1er semestre de l’année 2017. Au regard des décisions que les tribunaux ont rendu, on est à un moment donné tenter de se poser des questions sur le degré de dissuasion de ces verdicts. La décision qui continue de faire couler de salive est celle qu’a rendue le TPI d’Abomey le jeudi 15 juin 2017. Bien que le pangolin tricuspide soit une espèce intégralement protégée au Bénin, deux des trois trafiquants arrêtés ont eu une condamnation assorti de sursis, 20.000 F CFA d’amendes chacun, et solidairement au paiement de 50.000 F CFA à titre de dommages-intérêts. Plus d’un pense que cette condamnation n’est vraiment pas dissuasive au point de faire prendre conscience à ces trafiquants et à leurs complices. Or l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, prévoit au moins 6 mois d’emprisonnement et des amendes que le trafiquant dont la culpabilité est prouvée doit payer.

Par contre, le tribunal de première instance de Parakou dans l’affaire des 6 trafiquants d’ivoire arrêtés à  Parakou dans la dernière semaine du mois de mars 2017 avec 14,5 kg d’ivoire, la décision est applaudie. 4 de ces 6 trafiquants ont été condamnés à 12 mois de prison ferme et 15,5 millions de dommages-intérêts. Ce verdict du TPI de Parakou va certainement faire prendre conscience à ces trafiquants et servir dans le même temps de leçon aux autres criminels de la faune.

L’autre décision pas des moindres est celle qu’a rendue le tribunal de première instance de Cotonou  le mardi 21 février 2017 dans le dossier d’un trafiquant de carapaces de tortues marines. Il a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme, à 200.000FCFA d’amende et 1.000.000FCFA de dommages-intérêts. Cette décision dissuasive permet à tous ceux qui le long des 125 kilomètres de côtes béninoises, massacrent les tortues marines de se rendre compte que cette espèces est à protéger. Ce qui fait dire à M. Homèfa DOVI Z, Coordonnateur Adjoint du programme AALF-Bénin que « les décisions de justice de cette année comparativement à certaines des années antérieures deviennent de plus en plus dissuasives et accompagnent la lutte effrénée que le gouvernement béninois mène contre les criminels surtout de la faune qui ne veulent pas lâcher prise exceptée celle d’Abomey ».

La justice peut toujours mieux faire. Car au regard de ces décisions, on se rend compte  que seulement (5) cinq trafiquants sur les 11 (onze) arrêtés de janvier à juin 2017 ont eu effectivement des peines privatives de liberté avec des amendes à payer. Ils sont (2) deux à avoir de condamnation assorti de sursis et 4 (quatre) ont été relaxés. Il faut rappeler que l’article 166 de la loi cité supra punit les complices comme les auteurs principaux.

C’est fort de cela que le Coordonnateur Adjoint de AALF-Bénin «  invite les juges à une prise de conscience réelle pour sévèrement sanctionner ces individus décidés à faire disparaître les espèces animales. Chacune de ces espèces joue un rôle dans l’écosystème qui subit un dommage inestimable et irréparable dont la modification fait subir ses affres à toute l’humanité ».

Par Patrice SOGLO

N°1 du « débats écolo » / Assainissement dans les grandes villes du Bénin : le RJBCN échange avec les hommes des médias sur le déguerpissement

Vue d'ensemble des participants

Vue d’ensemble des participants

Le premier numéro du « débats écolo » a eu lieu le jeudi 11 mai 2017 à la maison des Médias Thomas Mégnassan. Le thème qui a fait objet d’échanges est intitulé « libération des espaces publics, quelle plus-value pour l’environnement ? ». C’est une initiative du Réseau des Journalistes du Bénin sur les Catastrophes Naturelles (RJBCN).

Améliorer la compréhension des thématiques en rapport avec les crises et catastrophes naturelles  au niveau des  professionnels des medias pour avoir des productions de meilleure qualité. Et aussi à travers des productions sur divers sujets, amener les journalistes à informer et sensibiliser les populations à partir des productions. Ayant à l’esprit cet objectif, Joséa Dossou-Bodjrènou, le communicateur, abordant le thème « libération des espaces publics, quelle plus-value pour l’environnement ? », a dans un premier temps fait l’état des lieux sur ce qu’il a vécu hors des frontières béninoises et ce qu’il vit dans les grandes villes du Bénin, surtout à Cotonou. Joséa Dossou-Bodjrènou, Directeur de l’Ong Nature Tropicale, qui travaille sur la criminalité environnementale, a fait comprendre aux professionnels des médias qu’il a été libéré les espaces qui appartiennent à l’Etat. « Ce n’est pas parce qu’on n’est pauvre qu’il faut empirer la pauvreté en occupant ce qui est public. Le domaine public commence déjà au portail des uns et des autres », a-t-il fait savoir. Pour lui, tous ceux qui occupent les espaces publics sont des criminels. Le gouvernement après six mois de sensibilisation a fait ce qu’il doit faire. Depuis ce temps, on sent que Cotonou et les grandes villes du Bénin respirent. « Et il faut que les Béninois sachent que la libération des espaces publics, n’est que l’application de la loi », a-t-il précisé. Il a ajouté que les lois donnent les grandes lignes, les décrets d’applications apportent plus de précisions.

Le communicateur demande aux autorités à divers niveaux de faire appliquer la loi pour que ce qui est public soit respecté. Parlant du déboisement dans les villes béninoises, il a signalé que les arbres aux abords d’une autoroute permettent d’atténuer la pollution. Il a pris du plaisir à montrer ce qu’il a vu à Amsterdam, et s’étonne que les intellectuels béninois n’aient jusque-là pas pris l’initiative de faire des aménagements comme dans ces pays. A Amsterdam, il a montré les aménagements aux abords des routes. Les abords des autoroutes sont  bien aménagés avec au rendez-vous des reboisements bien pensés.

Pour le communicateur, il n’est pas tard que l’Afrique fonde son développement sur le respect des textes. A l’en croire, il souhaite vivement que les espaces publics que ce soit aux abords des routes, ceux des berges lagunaires et autres soient enfin aménagés. Non seulement les Béninois peuvent s’en réjouir, mais aussi les touristes peuvent prendre du plaisir à visiter les villes du Bénin. Et c’est des devises pour le pays.

Par Patrice SOGLO     

Protection de l’environnement : un concours de dessin pour promouvoir l’assainissement

dessin-wilfriedLes écoliers et élèves de la commune de Comé dans le département du Mono, peuvent à partir d’un concours de dessin assainir leur cadre de vie. Akotangni Wilfried, artiste plasticien, promoteur du concours a fait le lancement le jeudi 24 Novembre 2016 dans l’enceinte du centre Carrefour Jeunesse à Comé. Justifiant l’importance du dessin, le promoteur a fait savoir que « Dieu a créé l’univers et il a mis deux choses fondamentales que sont les formes et les couleurs. Sans les formes et couleurs, nous humains nous n’aurons aucun goût ». A l’en croire, à partir des formes, on conçoit divers objets. Dans la couture et la menuiserie, les formes sont énormément utilisées suivant le goût. C’est pour permettre aux écoliers et collégiens du 1er cycle qui ont du goût pour le dessin de participer à l’assainissement de leur cadre de vie, que cette compétition est lancée. C’est pour cela que le concours intitulé « paroles des couleurs », 1ère édition a pour thème « la protection de l’environnement ». Selon les explications du promoteur, le concours vise à accompagner les enfants à devenir protecteur de l’environnement. Le participant peut dessiner son école avec le dispositif d’assainissement. Montrer par exemple qu’il faut vivre dans un milieu propre en mettant toujours les ordures dans les poubelles. Pour lui, ce comportement, l’enfant peut le partager avec d’autres et montrer qu’il est utile d’assainir son cadre de vie. Après avoir œuvré pour l’assainissement de l’école, d’autres lieux peuvent aussi bénéficier du bon geste pour la protection de l’environnement. M. Atotangni, n’a pas manqué de préciser que le dessin participe au développement intellectuel de l’enfant. Il a aussi témoigné qu’il doit son expérience en arts plastiques à Gbogbé Parfait son formateur.

Le concours est lancé le 24 Novembre et les participants ont jusqu’au 20 décembre 2016 pour déposer leurs productions. La finale est prévue pour le samedi 11 février 2017. L’initiative est soutenue par Jeune Chambre Comé Excellence, Kafui studio, et Carrefour jeunesse. Toutes personnes physiques et ou morales désireuses d’accompagner le mouvement peuvent toujours se manifester pour permettre de donner l’occasion aux jeunes d’avoir le goût de la protection de l’environnement.

Par Patrice SOGLO

Rencontre internationale sur le climat : l’initiative AAA porte l’agriculture au premier plan à la COP22

cop22La 22ème conférence des Parties qui s’est déroulée à Marrakech au Maroc a permis de faire un grand pas sur les questions d’adaptation de l’agriculture africaine face aux variations climatiques. Lors de cette rencontre internationale sur le climat, l’Initiative Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA), portée par 27 pays a œuvré pour hisser l’agriculture au premier plan des négociations.

Pendant que le réchauffement climatique avec les variations du climat influence négativement les rendements agricoles, il urge de baliser le terrain pour vraiment redonner espoir aux producteurs, afin de lutter contre l’insécurité alimentaire. A la COP22 qui s’est déroulée du 7 au 18 novembre 2016, l’initiative AAA, a agi entre autres sur deux volets. Il s’agit du volet Négociations, pour mettre l’Adaptation de l’Agriculture Africaine au cœur des enjeux des COP et obtenir une répartition équitable des fonds climat entre adaptation et atténuation. Le volet Solutions, pour promouvoir et favoriser la mise en œuvre de projets concrets et innovants en matière de gestion des sols, de maîtrise de l’eau agricole, de gestion des risques climatiques et de renforcement des capacités et solutions de financement.

La COP22 qui a mobilisé tous les pays du monde, a été l’occasion pour faire connaitre l’initiative. Ce qui a motivé l’aménagement d’un espace d’exposition dédié aux réalités déjà en marche, à travers les projets agricoles soutenus par l’initiative AAA. Dans cet espace, les visiteurs ont découvert les enjeux de l’Adaptation de l’Agriculture Africaine et les projets soutenus par l’initiative, via un parcours immersif et pédagogique.

« Il est heureux de noter que l’initiative AAA lancée par Sa Majesté le Roi du Maroc constitue le cadre d’action adéquat. Le transfert de technologie, la recherche agricole et la mise en place des financements nécessaires constituent des actions que nous avons collectivement l’obligation d’engager dès maintenant ». A confié Patrice Talon, Président de la République du Bénin, lors de son adresse à ses pairs à la COP22. M. Talon a ajouté que « le Bénin se propose de promouvoir et d’abriter un centre international de recherche pour répondre concrètement aux effets néfastes des changements climatiques sur l’agriculture en Afrique en lien avec l’Institut International pour l’Agriculture Tropicale ». C’est l’annonce d’un signal fort pour un meilleur avenir de l’initiative.

Cette initiative faut-il le préciser, peut compter pour son déploiement, sur la grande dynamique que connaît la coopération sud-sud aujourd’hui et le rapprochement entre Etats africains, dont Sa Majesté le Roi Mohammed VI a fait une priorité. Il déclare à propos de la COP22 : « l’Afrique, si longtemps négligée, est devenue incontournable. L’ère où elle n’était qu’un objet dans les relations internationales est révolue ».

Par Patrice SOGLO