Gestion des déchets : quand les carcasses électroniques nous encombrent !

Les pays en développement continuent d’être de dépotoirs de toutes sortes de déchets. Le Dr Victor Gbèdo, Directeur de Dcam-Bethesda, Expert en gestion des déchets et évaluation environnementale, a de nouveau tiré la sonnette d’alarme face aux journalistes. C’était lors des « débats écolo » à la maison des médias.

Il est très fréquent de voir des dons de matériels électroniques et autres venus des pays du nord. Ces matériels sont remis avec de battages médiatiques, renforcés de l’éloge du donateur. Tout porte à croire que ces matériels qui en réalité sont des déchets, peuvent apporter un ouf de soulagement aux bénéficiaires. Erreur ! A en croire le Dr Gbèdo, Expert en gestion des déchets et évaluation environnementale, c’est des déchets qui nous encombrent et polluent l’environnement. Il se demande ce que deviennent ces matériels électroniques plus tard. « Ces matériels, quand ils vous les donnent, quelques mois après, ils tombent en panne et il n’y a personne pour les réparer. Ils deviennent des déchets, restent en Afrique et constituent un danger pour l’environnement », déplore-t-il. Des matériels sont offerts à des hôpitaux et sont tombés en panne quelques moments après. Des ordinateurs usagers sont convoyés en Afrique et deviennent encombrant par la suite. Au cours de ses analyses, le communicateur a fait un constat. Dans les grandes villes du Bénin, la plupart des Béninois ont deux téléphones portables. On continue d’acheter des ordinateurs, des télévisions et des téléphones portables de 2ème main. Tous ces matériels contiennent des métaux lourds. Dr Gbèdo se demande ce que ces déchets vont devenir après et comment ils seront gérés plus tard. Il pense que l’Afrique n’est pas une poubelle et il faut qu’on limite ces pacotilles.

Lors des « débats écolo », qu’organise le Réseau des Journalistes Béninois sur les Catastrophes Naturelles (Rjbcn), la rencontre du jeudi 26 avril 2018 a permis aux journalistes présents de comprendre ce à quoi l’Afrique est exposée parlant des déchets et de mesurer les risques que courent certaines personnes qui manipulent des appareils électroniques. C’est le cas des dépanneurs des appareils électroniques. « Quand on rentre dans l’atelier d’un dépanneur, il est entouré de déchets électroniques. Il inhale des déchets volatiles sans se rendre compte qu’il s‘intoxique », informe l’Expert en gestion des déchets. Au regard de ces faits courants dans les villes du Bénin, il est évident que bien de personnes se rendent malades à partir de ces déchets volatiles qu’ils respirent. Car, souvent ces dépanneurs n’ont d’hésitation aucune à exposer les appareils électroniques non seulement dans leur atelier, mais aussi dans les maisons, rendant plusieurs personnes malades.

Par Patrice SOGLO

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Lutte contre la criminalité faunique : la sensibilisation répressive pour sauver les espèces menacées d’extinction

Des condamnations fermes enregistrées en 2017 dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique, il y a plusieurs qui sauf erreur, sensibilisent mieux les trafiquants. Parlant de la sensibilisation répressive, certaines condamnations sont en phase avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Un regard rétrospectif sur ces décisions de justice permet de se rendre compte que des trafiquants ont écopé de privation de liberté allant de 2 mois jusqu’à 60 mois. Ce qui a plus réjoui les activistes est la décision du tribunal de Kandi qui a condamné un des trafiquants arrêtés en juillet 2017 dans l’affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, à 5 ans de prison ferme. Cette condamnation fait penser à l’article 154 de la loi évoquée supra. Cet article « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ».

Ce qui a fait couler beaucoup de salive est la décision de la Cour d’Appel de Parakou qui a réduit la peine privative de liberté de 40 et 48 mois, et les trafiquants libérés après 6 mois de détention avec une amende de 1.000.000F CFA.  Or, ces trafiquants ont été condamnés plus tôt à 40 et 48 mois avec une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Cette décision de la Cour d’Appel, au lieu d’être dissuasive était sans risque de se tromper favorable aux trafiquants qui certainement ne regretteraient pas l’acte posé et pourraient saisir d’autres occasions pour commettre les mêmes forfaits sachant que c’est un business très rentable. Face à cette situation, DOVI Homéfa, activiste environnementaliste, Coordonnateur Adjoint du programme « Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au BENIN souhaite que « les trafiquants soient rigoureusement sanctionnés et sans clémence conformément à la loi sur la faune. C’est la seule voie efficace pour sensibiliser et combattre toute personne impliquée dans ce trafic ». Pour sauver le reste du patrimoine faunique béninois, il conseille d’accompagner le gouvernement dans cette noble lutte contre la criminalité faunique, si nous voulons véritablement conserver les rares espèces comme l’éléphant en voie d’extinction au profit des générations futures.   

Par Patrice SOGLO

Lutte contre la criminalité faunique en 2017 : 28 trafiquants interpelés pour trafics de produits de faune

L’année 2017 n’a du tout pas été au repos pour le gouvernement et les activistes militant pour la sauvegarde des espèces fauniques protégées. Grâce à l’appui technique du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin, les forces de sécurité publique ont pris 28 trafiquants en flagrant délit. La justice n’a pas manqué de jouer sa partition pour l’application de la loi.

Durant l’année écoulée, 28 défenses d’éléphants pesant 75,84 kg ont été saisies chez les trafiquants. Ce qui équivaut à au moins 14 éléphants abattus pour alimenter le commerce illégal de l’ivoire au Bénin. Si malgré les nombreuses sensibilisations et les efforts du gouvernement pour protéger les espèces fauniques, 14 éléphants au moins provenant probablement des parcs W et Pendjari ont été tués, il apparait évident que les acteurs doivent redoubler d’ardeur pour traquer les braconniers et les réseaux des trafiquants qui sont décidés à en découdre avec l’éléphant qui est une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Des produits de faune illégalement détenus et saisis en 2017, ceux provenant des éléphants battent le record. Cette alerte sonne comme une invite adressée à tous les acteurs qui doivent renforcer leur collaboration afin de protéger cette espèce pour les générations futures.  En plus des éléphants, l’appui technique de AALF-Bénin a permis aux forces de sécurité publique de mettre également la main sur 02 pangolins vivants, un patas et 16 carapaces de tortues. Ces produits de faune illégalement destinés à la vente et saisis donnent la preuve que la survie des animaux sauvages est incertaine au regard de ce qui se passe. Déjà le gouvernement quadrille le terrain. Il faudrait aussi que chaque acteur joue réellement sa partition pour accompagner le pouvoir central.

 

La justice à l’œuvre

Des décisions de condamnation des trafiquants rendues par la justice, il y en a qui participent véritablement à la lutte contre la criminalité faunique. A l’annonce desdites décisions, la quasi-totalité des activistes n’ont eu d’hésitation aucune à ovationner les acteurs de justice et soulignent que l’application des lois est un facteur important pour la lutte contre la criminalité faunique. On se souvient encore de la décision qu’a rendue le tribunal de Kandi qui a condamné un trafiquant à 5 ans d’emprisonnement ferme avec 800.000F Cfa d’amendes pour une affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, en octobre 2017. Deux mois plus tôt, en août 2017, deux autres trafiquants ont été respectivement condamnés à 48 et 40 mois de prison ferme par le tribunal de Natitingou. Ils ont été solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de 3.000.000F CFA à titre de dommages-intérêts. En avril 2017, le tribunal de Parakou a condamné 4 trafiquants à 12 mois d’emprisonnement ferme, à 300.000F CFA d’amendes chacun et 15.500.000F CFA de dommages et intérêts à payer solidairement. A l’antipode de ces décisions, il y a eu celles assorties de sursis pour lesquelles les activistes ne cessent de murmurer.

Au regard de la lutte menée en 2017 contre la criminalité faunique, on peut sans risque de se tromper affirmer que chaque acteur doit de nouveau retrousser ses manches et jouer véritablement sa partition pour la sauvegarde des espèces protégées menacées d’extinction.

 

 

 

Lutte régionale contre la criminalité faunique : 218 présumés trafiquants arrêtés en 6 mois dans 9 pays

Les braconniers et trafiquants sont aux trousses du patrimoine faunique dans plusieurs pays d’Afrique. En témoigne le point fait par le réseau Eagle qui montre que 218 présumés trafiquants ont été arrêtés dans la période de janvier à juin 2017 dans neuf pays d’Afrique.

De graves menaces planent sur les espèces menacées d’extinction. Cependant, les acteurs de lutte contre la criminalité faunique veillent au grain et quadrillent le terrain pour barrer la route aux criminels fauniques décidés à vider les parcs de leur substance. Des informations reçues, dix pays dont le Bénin sont ostensiblement en guerre contre la criminalité faunique. Il s’agit du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée, du Togo, du Sénégal, de l’Uganda de Madagascar, de la Côte d’Ivoire et du Bénin. En six mois de lutte, c’est-à-dire de janvier à juin 2017, les arrestations enregistrées dans ces pays ont permis de se rendre compte que deux cent dix-huit (218) présumés trafiquants ont été pris en flagrant délit dans neuf (9) pays. Dans chacun de ces pays, il y a des lois qui protègent le patrimoine faunique en l’occurrence les espèces menacées d’extinction. Malgré ces dispositions juridiques dans chaque pays et à l’international, des individus se donnent maladroitement pour tâche de tuer les animaux sauvages pour alimenter le commerce illicite. Quel drame ! Au regard de ces faits récurrents, il urge d’arrêter la saignée. Des garde-fous juridiques sont disponibles et protègent ces animaux. Au Bénin, c’est la loi n° 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Sur le plan international, on peut citer entre autres la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et la Convention sur la diversité biologique.

Malgré ces lois, des individus continuent de tenter d’abattre les animaux sauvages dans les parcs. Parlant de ces animaux sauvages, on peut citer l’éléphant, le sitatunga, l’antilope royale, le guépard, la panthère, le singe à ventre rouge, le chimpanzé, le pangolin pour ne citer que ces espèces.

S’agissant de la lutte régionale durant le premier semestre de l’année 2017, l’Uganda a arrêté 95 présumés trafiquants, le Gabon a pu barrer la route à 52 présumés trafiquants, le Congo a appréhendé 17 présumés trafiquants, le Cameroun en a pris 15, la Guinée 12, le Bénin 11 pour ne donner que ces pays. Pendant ces six mois, celui de mars a battu le record avec 65 trafiquants arrêtés.  Pour le cas du Bénin, ces trafiquants ont été pris avec de 16 carapaces à Fidjrossè, d’autres avec 14 kg d’ivoire à Parakou et d’autres encore avec de 2 pangolins et un patas à Dassa-Zoumè. Là où le bât blesse est que pour ce dernier cas, les trois trafiquants ont été condamnés à 3 mois d’emprisonnement assorti de sursis, 20.000 F CFA d’amendes chacun, et solidairement au paiement de 50.000 F CFA à titre de dommages-intérêts. Une condamnation loin d’être dissuasive.

Revenant aux arrestations dans les autres pays, les trafiquants ont été pris en fragrant délit de commercialisation avec de l’ivoire, de pangolins et / ou ses écailles, des peaux de panthère, des peaux de lions et bien d’autres espèces intégralement protégées. Quand on sait que le patrimoine faunique est impérativement à préserver, il faut davantage quadriller le terrain pour la sauvegarde des espèces menacées de disparition.

Par Patrice SOGLO              

 

 

Gestion des inondations : le fonds d’urgence toujours attendu  

Après les inondations de 2010 et au regard des dégâts causés par les eaux en ce moment, il a été décidé de la création d’un fonds d’urgence pour la gestion des inondations au Bénin. Mais depuis ce temps, ce vœu est resté pieux. Le phénomène étant récurrent et créant des dommages chaque année, il serait de bon ton de rappeler au régime du nouveau départ qui a su créer la rupture avec l’ancien système de donner vie à ce fonds d’urgence de gestion des inondations. Lors de son exposé face aux journalistes à l’occasion des « débats écolo » le jeudi 31 août 2017 à la maison des médias, Aristide Dagou, Commissaire divisionnaire de police, Directeur Général de l’Agence nationale de protection civile, a rappelé l’importance d’un tel fonds parlant de la gestion des inondations. Quand les fleuves (Niger et Mono) sortent de leur lit, c’est le calvaire pour les villages riverains. Le phénomène est si rapide qu’il faut se préparer pour le gérer au mieux. D’un autre côté, quand les eaux du nord descendent au sud pendant que la petite saison arrose les régions non loin de la côte, la crue aidant, on assiste parfois à d’énormes dégâts que causent les inondations. La disponibilité d’un tel fonds jouerait un grand rôle dans la gestion de ce phénomène qui frappe à la porte de plusieurs communes chaque année. La petite saison va dans les jours à venir s’abattre sur Cotonou et bien d’autres communes du sud. Qu’adviendra-t-il ? Certes, l’Agence nationale de protection civile veille au grain et va avec l’appui du gouvernement et des partenaires techniques et financiers gérer les désastres si l’autorité compétente annonce la catastrophe. Si déjà un tel fonds d’urgence est disponible, cela apporterait un plus et éviterait la précipitation dans la mobilisation des ressources surtout financières au moment de faire face à la colère des eaux. Le gouvernement de Patrice Talon, comme il sait le faire contribuerait au bien-être des populations des 21  communes à risques avec la mise en place du fonds d’urgence.

Par Patrice SOGLO