Dynamique de la population béninoise et croissance locale : L’Afd pose le diagnostic et montre les obstacles au développement

L’Agence française de développement (Afd), a initié une rencontre d’échanges qui a eu pour thème « dynamiques de population, transition démographique : quels enjeux ? ». C’était le mercredi 16 décembre 2015 à l’institut français de Cotonou. Au cours de la conférence modérée par le Pr Dorothée Gazard, les panélistes ont fait le lien entre la poussé démographique, l’urbanisation rapide et ont montré les conséquences sur le développement du pays.

Population

L’Afrique génère une croissance économique favorable à son développement. Mais la réalisation de ces potentialités de développement reste bridée par une dynamique démographique très élevée, a fait savoir l’Afd dans un communiqué qu’elle a rendu public. Cette agence a noté que « la persistance d’une forte croissance démographique contribue à ralentir la croissance du PIB par tête, les ressources requises aux besoins de base (santé, éducation etc.) ». Elle se demande si les créations d’emplois seront-elle suffisantes pour aborder l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail ?

Selon les statistiques publiées dans le communiqué de l’Afd, la population béninoise a presque quintuplé en cinquante ans : elle est passée de 2,1 millions d’habitants en 1961 à 10 millions d’habitants en 2014 et pourrait atteindre entre 20 et 29 millions en 2050 selon les hypothèses). Le taux d’urbanisation a presque triplé en 50 ans et d’ici 2027, une part non négligeable, plus de 50% de cette population, sera amenée à vivre dans les centres urbains. La demande sociale (nutrition, éducation, santé, emploi, habitat et gestion urbaine) qu’induit une telle dynamique de la population sera énorme et constituera non seulement un défi, mais aussi un enjeu de développement pour le pays.

C’est pour ne pas rester les bras croisés face à de tels phénomènes que l’Agence française de développement a initié cette conférence pour permettre aux démographes, économiques et autres couches de la population béninoise de partager les idées autour du thème, « dynamiques de population, transition démographique : quels enjeux ? ».

Pour le Pr Jean-Pierre Guenguant, économiste démographe, la poussée démographique du Bénin n’est pas un atout pour le développement. Il a montré que le coût de la croissance démographique au Bénin est exorbitant. On retient de ses explications que le montant éjecté dans la scolarisation au niveau primaire est énorme. Le secondaire et le monde universitaire font beaucoup dépenser à cause de l’évolution de la population. Et l’emploi n’est pas toujours disponible à la fin de la formation pour permettre aux jeunes de créer de la richesse. Revenant aux ménages, il a montré que les responsables des ménages n’ont pas de revenus suffisants pour pendre en charge les membres de la famille. Et malgré cela, ils continuent de faire des enfants.

Le lit du pauvre est fécond, dit un adage populaire. Mais dans certains milieux, certaines personnes qui ont un niveau d’aisance font beaucoup d’enfants, a témoigné Abu-Bakari Imorou, socio-anthropologue.

Pour le Pr Guenguant, ce n’est que les méthodes modernes de planification familiale qui peuvent aider les ménages à contrôler les naissances.

Les discours sur la planification familiale sont souvent difficiles à accepter dans les ménages pour des raisons religieuses, culturelles et autres, déplore Abu-Bakari Imorou. Cela pose à nouveau le problème d’éducation de la population.

Séverin Nsia, Directeur général de la délégation de l’aménagement du territoire au ministère de la décentralisation a montré que l’évolution de la population du Bénin a d’impacts sur la croissance urbaine. D’ici 2020, plus de 50% de la population béninoise sera dans les villes. Il pose déjà le problème de gestion de cette population urbaine en temps opportun. Il faut disait-il, une politique de gestion urbaine avec des instruments de planification de au niveau national. Il faut en étroite collaboration avec les élus locaux organiser l’utilisation des espaces pour éviter le développement à double vitesse. Ce genre développement à l’en croire, crée un déséquilibre infrastructurel entre les localités. L’eau et l’électricité par exemple ne sont pas accessibles à tous les ménages d’une même zone.

Pour les panélistes, il faut rééduquer la population, les faire comprendre que les méthodes modernes de planification familiale sont des outils pour contrôler les naissances. Selon les témoignages des uns et des autres, des efforts restent à faire pour atteindre cet objectif.

Par Patrice SOGLO

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