Protection de l’environnement : Racine Profonde en croisade pour l’assainissement de l’océan

Une association française fait une campagne de sensibilisation pour la protection de l’environnement. Il s’agit de Racine Profonde. La campagne entre dans le cadre de la journée mondiale de l’océan célébrée Lire la suite

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Gestion des ressources de l’environnement : Gbif-Bénin œuvre pour la conservation durable de la biodiversité

Le réseau Gbif-Bénin organise un atelier d’information et de formation sur la mobilisation des données de la biodiversité pour la conservation et la gestion des ressources naturelles du Bénin. La rencontre a démarré hier à l’hôtel Pantagruel à Cotonou et prend fin demain jeudi 14 mai 2015.

 

Informer et sensibiliser les chefs d’institution, les décideurs politiques, les présidents des organisations non gouvernementales et autres personnes impliquées dans la gestion de la biodiversité, sur la nécessité de soutenir les efforts de mobilisation des données de la biodiversité entrepris par le Gbif-Bénin, et de contribuer à la conservation de la biodiversité du Bénin. Tel est l’objectif de l’atelier qui se déroule du 12 au 14 mai dans les locaux de l’hôtel Pantagruel à Cotonou. Plusieurs communications sont prévues pour informer les participants sur les méthodes de collecte des données sur la biodiversité, et sur la nécessité œuvrer pour leur conservation. Lors de l’ouverture des travaux, le Prof Joseph Hounhouigan, Doyen de la faculté des sciences agronomiques, est revenu sur les services que rend la biodiversité à l’humanité. Dans son adresse aux participants, il leur a fait savoir que la biodiversité est au centre d’importants services. Citant quelques-uns, il a indexé le service de régulation du climat, les services culturels et culturels. Malheureusement déplore-t-il, la biodiversité est menacée par la surexploitation des ressources, la dégradation des habitats, la pollution et les changements climatiques. Au regard de ces faits, il urge de penser la conservation de ces ressources naturelles pour le développement durable. La création du réseau Gbif, a-t-il fait remarquer, a permis la mise au point des stratégies de conservation de la biodiversité et de la pérennisation de ses biens et services pour la survie de l’humanité. Insistant sur le rôle que joue la biodiversité, le Colonel Emmanuel Toni, représentant du Directeur des forêts et des ressources naturelles, est revenu sur la conservation de la biodiversité pour un développement durable.

Il faut signaler que grâce aux efforts de Gbif-Bénin, des données d’occurrence sont publiées et rendues disponibles sur le site du Gbif et du Gbif-Bénin. Ces données qui envoisinent 200.000 sont publiées par 133 fournisseurs de par le monde. Le Gbif compte 54 pays et 39 organisations internationales sont membres.

Par Patrice SOGLO

Protocole de Nagoya et traité international sur les ressources phytogénétiques : Le projet de mise en œuvre lancé pour sécuriser les ressources génétiques

Bioversity International a lancé un projet vendredi dernier dans les locaux d’AfricaRice à Godomey Togoudo sur l’utilisation des ressources génétiques au Bénin et au Madagascar. Le projet vise à mettre en synergie le Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques ; et du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture.

 

La gestion durable de la biodiversité préoccupe le Bénin et le Madagascar. Pour avoir ratifié le Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques, et le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, les deux pays se battent pour la mise en œuvre de ces deux instruments internationaux. C’est fort de cela que le Bénin en partenariat avec le Madagascar a lancé le projet de mise en œuvre en synergie du Protocole de Nagoya et du Traité concerné. « Le but visé par l’accès et le partage équitable des avantages de l’utilisation des ressources génétiques du Protocole et Traité est de donner aux deux pays, le moyen de commercialiser ou d’échanger de façon profitable les ressources génétiques afin de contribuer à la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté », à fait savoir le Directeur de cabinet du Ministre en charge de l’environnement. Il s’agit aussi pour les pays partie de créer une incitation économique pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Pour le représentant du Ministre de l’environnement, le protocole de Nagoya constitue un grand pas dans la gouvernance internationale de la biodiversité. Il pense que les législations doivent mettre en place des conditions contraignantes pour le respect scrupuleux des principes fondamentaux et veiller au respect des communautés locales garantes et détentrices des savoirs sur les ressources biologiques. Et s’agissant des communautés à la base, Raymond Sognon Vodouhè, Coordonnateur de bioversity international pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, a dit que les communautés à la base sont détentrices des ressources. Et quand il n’avait pas ces accords, les ressources étaient libres, on peut aller les collecter et repartir. Avec ces accords, les bénéfices que génèrent les ressources doivent repartir aux communautés à la base sous diverses formes.

Faisant la nuance entre le Protocole de Nagoya et le Traité, le Coordonnateur a expliqué que le Traité a un organe directeur au niveau international qui aide les pays en cas de conflit à défendre leurs intérêts. Le Protocole permet au pays de pouvoir mettre en place un instrument suffisamment fort qui lui permet de défendre directement ses intérêts. Ces deux aspects sont visés pour l’instrument qui sera mis en place au niveau national. Kakpo Théophile, Directeur général des forêts et des ressources naturelles a rassuré de la disponibilité des administrations concernées à accompagner les acteurs pour que les objectifs du projet soient atteints.

Fier de constater le lancement du projet, le Directeur de cabinet a exprimé ses gratitudes à l’endroit de Darwin Initiative pour le financement du projet, à Bioversity International et à la FAO pour leurs divers appuis.

Par Patrice SOGLO  

Appel du Pr Constant Houndénou: « C’est le moment pour les communes d’actualiser leur plan de contingence »

Le Pr Constant Houndénou, expert du Système des Nations Unies, chargé portefeuille des changements climatiques, des crises et catastrophes lance un appel aux communes du Bénin pour l’actualisation de leur plan de contingence. Il a lancé cet appel lors de l’actualisation du plan de contingence national la semaine dernière à Porto-Novo. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il est revenu sur ce qu’est un plan de contingence et le rôle que joue cet outil pendant les crises et catastrophes.

 

Dites-nous Professeur, comment comprendre un plan de contingence ?

Un plan de contingence, c’est un outil de travail qui permet de mesurer les crises et catastrophes. Un plan de contingence c’est aussi un outil de mobilisation de ressources en ce sens qu’il doit être précis, concis et définir les stratégies et en même temps les opérations, et identifier les acteurs qui doivent intervenir en cas de situation de crises en pensant aux opérations pour sauver la vie des populations.

 

Le Bénin dispose de ce plan depuis 2009, quelle a été l’importance de cet outil dans la gestion des inondations que le Bénin a connues les années antérieures ?

Par rapport au plan de contingence qui a été élaboré avec l’appui du Système des Nations Unies, nous avons pu anticiper plusieurs fois et cela nous a permis de faire face aux désastres qui peuvent être d’origine naturel ou anthropique. L’avantage de cet outil est qu’avant 2009, rien n’existait comme document outre que le plan Orsec. Or, les grandes décisions issues des résolutions des Nations Unies et de la communauté internationales prédisposent les pays à mieux se préparer pour faire face aux calamités actuelles et futures. Donc nous avons une grande distinction entre le passé et le présent en ce sens que les acteurs sont quasi bien outillés aujourd’hui, bien qu’il reste encore des choses à faire.

 

Ce plan de contingence national a été actualisé. Après cette étape, qu’est ce qu’on peut attendre de cet outil ?

Ce qu’on peut attendre de ce plan est que les acteurs au niveau national, au niveau communal, départemental, les Ong qui interviennent au niveau humanitaire ou dans l’environnement doivent être prêts et sont encore outillés dans la mesure où le système des Nations Unies et les Ong renforcent davantage les capacités du gouvernement à faire face à cette crise. Par exemple, le Système des Nations Unies a écrit le document cadre pour l’Undaf dans une partie qu’on appelle l’effet Six qui permet de former les communautés et en même temps les institutions à travers non seulement l’anticipation, le système de précaution et la manière de gérer réellement la situation de crise au moment où elle se produit. Cela veut dire que le maire saura ce qu’il faut faire au moment opportun de la crise. Avant cela, il a déjà écrit son plan de contingence communal qui n’est rien d’autre qu’une certaine désintégration du plan de contingence national. A travers ceci, il peut convoquer rapidement le conseil communal et c’est lui qui sera l’acteur principal de la gestion de la crise en distribuant les tâches, en situant les responsabilités, en travaillant la communication en matière de crise, et en aidant les populations à la prévention pour qu’on ai zéro mort.

C’est pour dire quoi ? Que le plan de contingence demeure toujours un outil de mobilisation de ressources parce qu’une fois qu’il est précis et concis, il pose le diagnostic, il permet au bailleur de pouvoir intervenir et d’avoir un résultat à travers l’effet numéro six du plan cadre d’assistance au développement qui a été signé entre le Bénin et les Nations Unies.

C’est que le plan de contingence national est un outil et même temps un bréviaire qui permet à tout acteur de voir là où il va, et comment y aller a savoir ce qu’il faut faire en situation de crise pendant les 24 heures, pendant les 48 heures, pendant les 72 heures. Ce qui permet d’aller aux opérations.

Une fois que ceci est fait, le document très bien élaboré, la phase pratique est la simulation qui consiste à faire les exercices et évaluer la capacité des acteurs au cas où la crise se produirait. A travers la simulation, on peut donc se corriger et renforcer davantage les capacités pour faire face à la crise au moment où elle se présenterait.

 

Le plan de contingence est utilisé depuis 2009, vous avez des expériences parlant de la mise en œuvre du plan. Quel constat avez-vous fait s’agissant de l’utilisation du plan de contingence au niveau des collectivités à la base ?

Au niveau des collectivités à la base, je peux dire que des choses se font. Quand je prends par exemple la commune d’Athièmé. Cette commune met à jour son plan de contingence chaque année. Et depuis un bon moment, quand il y a inondations il n’y a plus de mort à Athiémé. Ça veut dire que la commune d’Athiémé à travers son maire et le conseil municipal, se sont appropriés correctement le contenu du plan de contingence et les appliquent au fur et à mesure. L’effet du plan de contingence, on ne peut le sentir, quand il y a crise et quand il y a zéro mort. Les alertes sont donnés au plus tôt que possible.

Nous avons également d’autres projets qu’on appelle le système d’alerte précoce, d’autres de gestion des inondations. Tout ceci combiné permet de réduire les effets des inondations sur les infrastructures et surtout sur la ressource humaine qu’est l’homme. Ce qui fait que depuis un bon moment, dans la vallée du Mono comme j’ai préconisé comme exemple, il n’y a plus de mort quand il y a inondations. Je ne veux pas dire que tout est beau. Il reste encore à améliorer la qualité. Il faut définir le site d’accueil, le viabiliser. Il faut même en faire une culture. On n’est pas encore à ce niveau. Mais on a quelques résultats escomptés.

C’est le moment de lancer un appel à certaines communes qu’on a formé. D’autres ne l’ont pas encore écrit. C’est le moment pour qu’ils le fassent pour qu’on les accompagne. Ceux qui jusque-là n’ont pas encore actualisé leur plan de contingence, c’est le moment d’y penser parce que c’est déjà fait au plan national.

Les pluies nous ont déjà prévu et nous sommes déjà en retard. La nature nous a déjà gratifié, on ne sait pas comment elle va se manifester dans les semaines qui viennent. Il faut déjà prendre les précautions. Nous avons les prévisions, mais nous ne sommes pas Dieu ceci reste toujours statistique. Il faut toujours se prémunir du risque. Et la manière de le faire, c’est d’élaborer son plan de contingence, c’est d’élaborer son plan Orsec et d’autres outils de prévention des risque et catastrophes.

Entretien réalisé par Patrice SOGLO