Euloge Ogouwalé sur les données du système d’alerte précoce : « Les populations seront alertées sur les physionomies hydro climatiques »

Euloge Ogouwalé est enseignant à au département de géographie et d’aménagement du territoire, à l’université d’Abomey-Calavi. Il a participé aux débats ayant marqué le lancement du Système d’alerte précoce. Dans cet entretien, il parle de la fiabilité des données qui seront issues de ce nouveau système pour contourner les risques des inondations.

Il y a quelques jours vous aviez participé au lancement du projet du système d’alerte précoce (Sap). Parlant de la lutte contre les changements climatiques et les inondations précisément, qu’est ce que ce projet apporte de nouveau ?

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C’est une bonne initiative et je sais pour ma part que cela devrait aider dans un premier temps aider à avoir des informations et des données fiables pour permettre à notre pays le Bénin de mieux faire les prévisions afin de réduire les vulnérabilités de nos populations par rapport aux phénomènes extrêmes des changements climatiques. Quand on n’a pas de bonnes données, on ne peut pas faire de bonnes prévisions. On ne peut pas par conséquents développer de bonne stratégies pour pouvoir contourner les risques et réduire la vulnérabilité des composante humaines et économiques par rapport aux risques. Quand vous n’avez pas de données fiables, quand vous n’avez pas des informations chiffrées, c’est très difficile de parvenir à développer des stratégies efficientes pour résoudre les préoccupations des communautés pour faire en sorte que les crises climatiques n’affectent pas irréversiblement le développement. Sous ce regard, le projet Sap est bien bienvenu en ce qu’il permettra de disposer de nouvel appareillage qui permet de mesurer un certain nombre de paramètres hydro climatiques. Ce qui aiderait finalement à la constitution d’une base de données. Avec pour finalité de savoir comment est ce que les phénomènes géo climatiques avancent. Quelle est la dynamique interne que nous enregistrons au niveau de ces phénomènes extrêmes ? Dès que nous avons de bonnes données avec des appareils de nouvelles générations, les spécialistes de la climatologie, de l’hydro climatologie etc, vont pouvoir procéder à l’analyse de ces données pour tirer des leçons qui s’imposent et proposer aux décideurs, des mécanismes, des stratégies à développer pour contourner les contraintes, les difficultés qu’imposent les risques qui dégénèrent en catastrophes climatiques au Bénin.

Le paysan veut savoir par exemple des informations pour se rassurer que la superficie qu’il veut emblavée ne sera pas emporter par l’eau pendant la saison des pluies. Le Sap a-t-il les moyens de le rassurer ?

Lorsque la base de données historique va être reconstituée, je veux dire quand les données fiables vont être disponibles, les spécialistes vont pouvoir faire des prévisions pour alerter les populations sur les physionomies pluviométriques ou hydro climatiques qui vont caractériser les saisons au cours d’une année donnée. On peut par exemple dire aux populations de s’attendre à une montée des eaux à telle hauteur au regard des tendances historiques. Et par rapport à cela on peut leur dire de ne pas franchir telle ou telle limite sur les berges des cours d’eau pour les cultures. On aussi leur proposer de ne pas faire de développement agricole dans telle zone ou dans telle parcelle topographique. Il y a du chemin à faire pour parvenir à ces résultats. Mais ce n’est pas impossible. Les infrastructures sont en train d’être mise en place pour avoir les données pour pouvoir opérer et faire des analyses et de générer des informations souhaitée et les fournir aux populations pour qu’elles puissent prendre des décisions appropriées.

Parlant des changements climatiques, les phénomènes varient d’une année à une autre. Est ce que de cette façon, on peut avoir des données fiables pour faire les prévisions dont vous parlez ?

C’est bien possible et nous prenons les dispositions pour atteindre cet objectif. Il suffit que les appareils fonctionnent. Que les ressources humaines habileté à faire tournée ces différents appareils et faire les contrôles s’investissent correctement, que le suivi soit régulier et convenable, et nous allons pouvoir disposer des données. Ensuite, il faut que les différents experts soient formés pour qu’ils soient au parfum des nouvelles tendances, des nouvelles théories, des nouveaux mécanismes d’analyse de détection des signaux pour que les analyses à leur niveau aillent très rapidement pour permettre de faire des propositions concrètes. Il faut aussi faire de la communication. Car la question des risques climatiques peut être prise en charge au niveau de l’éducation. Chacun doit faire des questions liées aux risques climatiques, des questions essentielles. Les risques climatiques vont s’amplifier les années à venir, c’est urgent de se préparer maintenant. Demain serait trop tard.

Propos recueillis par Patrice SOGLO

 

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