Gestion des inondations : le fonds d’urgence toujours attendu  

Après les inondations de 2010 et au regard des dégâts causés par les eaux en ce moment, il a été décidé de la création d’un fonds d’urgence pour la gestion des inondations au Bénin. Mais depuis ce temps, ce vœu est resté pieux. Le phénomène étant récurrent et créant des dommages chaque année, il serait de bon ton de rappeler au régime du nouveau départ qui a su créer la rupture avec l’ancien système de donner vie à ce fonds d’urgence de gestion des inondations. Lors de son exposé face aux journalistes à l’occasion des « débats écolo » le jeudi 31 août 2017 à la maison des médias, Aristide Dagou, Commissaire divisionnaire de police, Directeur Général de l’Agence nationale de protection civile, a rappelé l’importance d’un tel fonds parlant de la gestion des inondations. Quand les fleuves (Niger et Mono) sortent de leur lit, c’est le calvaire pour les villages riverains. Le phénomène est si rapide qu’il faut se préparer pour le gérer au mieux. D’un autre côté, quand les eaux du nord descendent au sud pendant que la petite saison arrose les régions non loin de la côte, la crue aidant, on assiste parfois à d’énormes dégâts que causent les inondations. La disponibilité d’un tel fonds jouerait un grand rôle dans la gestion de ce phénomène qui frappe à la porte de plusieurs communes chaque année. La petite saison va dans les jours à venir s’abattre sur Cotonou et bien d’autres communes du sud. Qu’adviendra-t-il ? Certes, l’Agence nationale de protection civile veille au grain et va avec l’appui du gouvernement et des partenaires techniques et financiers gérer les désastres si l’autorité compétente annonce la catastrophe. Si déjà un tel fonds d’urgence est disponible, cela apporterait un plus et éviterait la précipitation dans la mobilisation des ressources surtout financières au moment de faire face à la colère des eaux. Le gouvernement de Patrice Talon, comme il sait le faire contribuerait au bien-être des populations des 21  communes à risques avec la mise en place du fonds d’urgence.

Par Patrice SOGLO

 

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Natitingou / Lutte contre la criminalité faunique : 14 pointes arrêtées équivalent de 7 éléphants abattus

Les ennemis de la faune sauvage ne cessent de développer des stratégies pour détruire le patrimoine faunique du Bénin. Le gouvernement de son côté ne baisse pas les bras. Le terrain est bien quadrillé. Ce qui permet aux forces de sécurité publique béninoise de veiller au grain pour traquer les trafiquants de commerce illicite des produits issus des espèces fauniques menacées d’extinction.

Cette veille permanente a permis aux braves agents de sécurité publique d’appréhender deux présumés trafiquants avec 14 pointes d’ivoire le tout pesant 24 kg. Sachant qu’un éléphant a deux pointes, les 14 défenses arraisonnées font sept majestueux éléphants abattus. L’arrestation a eu lieu la nuit du vendredi 11 août 2017. Elle a été faite par les éléments du commissariat central de Natitingou, au nord du pays dans un hôtel de la ville avec l’appui technique du programme d’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN). C’est la preuve que malgré les lois en vigueur et les nombreuses sensibilisations, de vils individus poursuivent leur sale besogne. Selon la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, ces deux présumés trafiquants appréhendés a la veille de la journée mondiale de l’éléphant courent d’énormes risques. L’article 153 de cette loi punit d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans quiconque fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. L’article 166 sanctionne les complices comme les auteurs principaux et les condamne solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions. Au regard de ces articles, ces deux présumés trafiquants vont répondre de leur forfait devant la justice. C’est le lieu de rappeler au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable et ses structures sous tutelle de faire le suivi comme cela se doit pour que ces présumés trafiquants dès que leur culpabilité sera prouvée, de répondre de leurs actes. Car à l’allure où vont les actes de la criminalité faunique, seule la sensibilisation répressive permet de dissuader les réseaux des trafiquants pour la survie des espèces menacées d’extinction.

Aussi, pour que nos parcs et ses ressources naturelles emblématiques contribuent au développement durable, le gouvernement de la rupture doit intensifier la lutte contre la criminalité faunique au même moment qu’il augmente ses efforts dans la promotion des parcs.

Par Patrice SOGLO

 

Biens publics mondiaux / sauvegarde des intérêts environnementaux et sociaux : les agents assermentés informés sur l’application des lois

Les magistrats, les forestiers, les policiers, les gendarmes, les marins et les douaniers étaient à une rencontre le jeudi 27 et le vendredi 28 juillet 2017 au centre Mikeland à Cotonou. C’était un atelier d’échanges d’informations et de renforcement des capacités de ces agents sur l’application des textes et lois sur les Biens Publics Mondiaux (BPM) au Bénin.

L’objectif de cette rencontre est de contribuer à transformer, par le biais du plaidoyer et lobbying, les politiques et pratiques défavorables à la sauvegarde des BPM. Et ceci au niveau de paysages des deltas des fleuves Ouémé et Mono en politiques et pratiques favorables afin d’assurer la prise en compte des intérêts environnementaux et sociaux ainsi que les points de vue des groupes vulnérables. Pour atteindre cet objectif, Nature Tropicale ONG, grâce au programme « Shared resources, joint solutions (SRJS) », ou « Ressources partagées, solutions Communes », a réuni les agents assermentés pour les informer sur l’application des textes et lois sur les BPM. C’était un  renforcement des capacités de ces agents pour qu’ils jouent véritablement leur partition parlant des crimes environnementaux.

Plusieurs communications ont été faites pour davantage éclairer la lanterne des participants.

Le magistrat Bienvenu Sohou a entretenu les participants sur le  » la rédaction du procès-verbal dans le cadre des crimes environnementaux ». Selon ses propos, les agents assermentés (forestiers, policiers, gendarmes, douaniers) jouent des rôles différents et complémentaires dans la rédaction des procès-verbaux. Il a expliqué que si on retrouve par exemple des individus en possession de défenses d’éléphants ou d’écaille de pangolins, l’agent assermenté a pour tâche de constater, de qualifier les faits de l’espèce, de rassembler les preuves. L’agent doit rédiger un procès-verbal. Le communicateur a rappelé également les éléments rédactionnels du procès-verbal, et le model exploitable.

« La corruption dans les procédures de l’application des lois environnementales », a permis à Joséa Dossou-Bodjrènou, Directeur de Nature Tropicale de montrer combien la corruption influence négativement l’atteinte des résultats escomptés et à quel point elle nuit au développement. Il demande à chacun de jouer son rôle comme cela se doit pour l’application des lois s’agissant des crimes environnementaux.

« Criminalité environnementale et les conséquences sur la sécurité humaine : le trafic international des espèces CITES : nouvelles tendances ». Faisant cette communication, le colonel Bruno Manin, attaché de sécurité intérieure à l’Ambassade de France, a montré que les crimes environnementaux constitue la 4ème activité criminelle mondiale. Et cela est lié à une demande asiatique qui est en augmentation constante. La vente de l’ivoire et de corne de rhinocéros est liée à la demande en Asie du Sud. Car les populations de ces régions pensent que la corne moudre et consommée serait aphrodisiaque. Le drame a-t-il fait remarqué, est que des cornes sont volées dans les musés en Europe. Or, ces cornes avant exposition ont subi la taxidermie. Ces cornes sont consommées avec les produits chimiques qu’elles contiennent. Homèfa Dovi, Coordonnateur adjoint de AALF-Bénin dans sa communication, a exposé les actions du Réseau Eagle pour contrecarrer les trafiquants.

Ces communications ont permis aux participants de murir leurs réflexions et d’échanger les expériences pour l’application des lois concernant les crimes environnementaux.

Par Patrice SOGLO

Biens publics mondiaux / Dispositif de surveillance de la zone de pêche : les capacités des pêcheurs marins et de la marine militaire renforcées

Les chercheurs, les pêcheurs marins et la marine militaire étaient les jeudi 20 et vendredi 21 juillet à un conclave au Centre Mikeland à Cotonou. C’était pour le renforcement des capacités sur les dispositifs de surveillance de la zone de pêche, et aussi pour la collecte des données en mer et l’application des textes et lois sur les Biens Publics Mondiaux (BPM) au Bénin.

La rencontre a pour but d’amener les acteurs intervenant en mer à une synergie d’action pour mieux surveiller la zone de pêche et en même temps associer les pêcheurs à la collecte des données en mer. Dans le même temps, ces acteurs que sont les la marine militaire et les pêcheurs doivent veiller à l’application des lois sur les biens publics mondiaux dont dépendent les écosystèmes que sont l’eau, la sécurité alimentaire, la biodiversité et la résilience aux changements climatiques. La rencontre entre ces acteurs a été possible grâce au programme « Shared Resources, Joint Solutions » (SRJS), ou « Ressources Partagées, Solutions Communes ». Au Bénin, le programme est mis en œuvre au niveau de deux paysages constitués par les deltas des fleuves Ouémé et Mono. Il a pour objectif de transformer, par le biais du plaidoyer, les politiques et pratiques défavorables à la sauvegarde des BPM au niveau de paysages sélectionnés en politiques et pratiques favorables.

Pendant la rencontre, les participants ont eu droit à plusieurs communications. Ce qui leur a permis de se rendre compte des menaces qui pèsent sur les biens publics mondiaux et des outils qu’ils doivent utiliser pour les sauvegarder et faire appliquer les lois. Dans sa communication sur « la zone littorale exclusive », le Dr Florent Houessou enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi, a dans un premier temps montré que la mer contient assez de ressources qui font objet de convoitise et de conflit. Ce qui a fait que l’Organisation des Nations Unies par des textes, a règlementé l’utilisation desdites ressources. Toujours lors de sa communication, il a présenté les zones de pêches devant accueillir les pêcheurs artisanaux et ceux qui sont autorisés pour les pêches industrielles.

A partir du thème « connaissance et gestion des ressources marines et côtières au Bénin », Toussaint Lougbégnon, enseignant à l’Université nationale d’agriculture, a  fait l’état des lieux des ressources marines, la gestion qui est faite des ressources et les menaces qui profilent à l’horizon à cause des actions anthropiques. Dans sa conclusion et recommandations, il pense que  « la zone côtière et marine du Bénin est riche, jouissant d’un climat généreux, d’une grande diversité biologique, de ressources naturelles abondantes et d’une position géographique favorable aux échanges internationaux ». Il a ajouté qu’un regard correct sur les milieux marins et côtiers du Bénin est important pour assurer la pérennité de ces milieux et le bien-être des populations vivant sur cet espace.

Les dispositions juridiques

Benjamin Dagbéto, Juriste du Programme AALF-Bénin, exposant le thème  » cadres législatif et règlementaire de la gestion des biens publics mondiaux des zones marines et côtières et leurs applications au Bénin », a montré pour sa part que le Bénin a ratifié assez de lois. Il a cité au passage la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, Washington 1973) et la convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn, 1979 – CMS). Il a surtout mis l’accent sur la loi n° 2002-16 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et son décret d’application.

Parlant des rôles des parties prenantes dans l’application des lois environnementaux et procédures judiciaires au Bénin, Rose Naha du programme AALF-Bénin, a levé le voile sur les responsabilités et rôles de la société civile et des autres acteurs.

Les différentes communications ont permis aux participants de se dire de vive voix ce que l’un pense de l’autre parlant de la protection des biens publics mondiaux.

Joséa Dossou-Bodjrènou, Directeur de Nature Tropicale ONG, a exprimé sa satisfaction suite au franc-parler des acteurs qui ont compris qu’ils doivent collaborer pour protéger les biens publics mondiaux.

Le programme « Shared Resources, Joint Solutions » est  un programme de coopération élaboré avec l’appui du ministère néerlandais des Affaires Etrangères pour la période 2016-2020. Ce programme est un partenariat entre IUCN-NL, WWF Pays-Bas et le Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas. Il faut rappeler qu’il met l’accent sur le rôle des Organisations de la Société Civile (Osc) en matière de sauvegarde des BPM. Il intervient dans 16 pays en Asie,  Amérique latine, Afrique dont le Bénin.

Par Patrice SOGLO

 

 

En six mois de croisade contre la criminalité faunique : 11 trafiquants arrêtés, 5 fermement condamnés

Images décisionsLa justice grâce au quadrillage de terrain du gouvernement et la collaboration technique du programme d’Appui à l’Application des lois sur la faune et la flore (AALF-Bénin), a vidé trois dossiers relatifs aux criminels de faune. Ces dossiers concernent 11 (onze) trafiquants pris en fragrant délit à Dassa-Zoumè, à Parakou et à Cotonou durant le 1er semestre de l’année 2017. Au regard des décisions que les tribunaux ont rendu, on est à un moment donné tenter de se poser des questions sur le degré de dissuasion de ces verdicts. La décision qui continue de faire couler de salive est celle qu’a rendue le TPI d’Abomey le jeudi 15 juin 2017. Bien que le pangolin tricuspide soit une espèce intégralement protégée au Bénin, deux des trois trafiquants arrêtés ont eu une condamnation assorti de sursis, 20.000 F CFA d’amendes chacun, et solidairement au paiement de 50.000 F CFA à titre de dommages-intérêts. Plus d’un pense que cette condamnation n’est vraiment pas dissuasive au point de faire prendre conscience à ces trafiquants et à leurs complices. Or l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, prévoit au moins 6 mois d’emprisonnement et des amendes que le trafiquant dont la culpabilité est prouvée doit payer.

Par contre, le tribunal de première instance de Parakou dans l’affaire des 6 trafiquants d’ivoire arrêtés à  Parakou dans la dernière semaine du mois de mars 2017 avec 14,5 kg d’ivoire, la décision est applaudie. 4 de ces 6 trafiquants ont été condamnés à 12 mois de prison ferme et 15,5 millions de dommages-intérêts. Ce verdict du TPI de Parakou va certainement faire prendre conscience à ces trafiquants et servir dans le même temps de leçon aux autres criminels de la faune.

L’autre décision pas des moindres est celle qu’a rendue le tribunal de première instance de Cotonou  le mardi 21 février 2017 dans le dossier d’un trafiquant de carapaces de tortues marines. Il a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme, à 200.000FCFA d’amende et 1.000.000FCFA de dommages-intérêts. Cette décision dissuasive permet à tous ceux qui le long des 125 kilomètres de côtes béninoises, massacrent les tortues marines de se rendre compte que cette espèces est à protéger. Ce qui fait dire à M. Homèfa DOVI Z, Coordonnateur Adjoint du programme AALF-Bénin que « les décisions de justice de cette année comparativement à certaines des années antérieures deviennent de plus en plus dissuasives et accompagnent la lutte effrénée que le gouvernement béninois mène contre les criminels surtout de la faune qui ne veulent pas lâcher prise exceptée celle d’Abomey ».

La justice peut toujours mieux faire. Car au regard de ces décisions, on se rend compte  que seulement (5) cinq trafiquants sur les 11 (onze) arrêtés de janvier à juin 2017 ont eu effectivement des peines privatives de liberté avec des amendes à payer. Ils sont (2) deux à avoir de condamnation assorti de sursis et 4 (quatre) ont été relaxés. Il faut rappeler que l’article 166 de la loi cité supra punit les complices comme les auteurs principaux.

C’est fort de cela que le Coordonnateur Adjoint de AALF-Bénin «  invite les juges à une prise de conscience réelle pour sévèrement sanctionner ces individus décidés à faire disparaître les espèces animales. Chacune de ces espèces joue un rôle dans l’écosystème qui subit un dommage inestimable et irréparable dont la modification fait subir ses affres à toute l’humanité ».

Par Patrice SOGLO